Homélie pour le 27ème dimanche de l’année B – 4 octobre 2015.

Ce dimanche s’ouvre à Rome le Synode sur « la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain, second volet d’une vaste consultation mise en route depuis 2013 par le pape François dont c’est aujourd’hui la fête. Bonne Fête à tous les François de notre assemblée. Entre ombres et lumières tant de situations humaines sont aujourd’hui vécues comme des déchirements. Devant les tentations du sectarisme et de la xénophobie qui menacent nos communautés, recevons ce matin la parole de l’Evangile comme une invitation à pratiquer la miséricorde chez nous : Je confesse …

Homélie

Les enjeux du synode qui s’ouvre à Rome ce jour et se clôturera le 25 octobre prochain, sont multiples et nous concernent toutes et tous. Mariés, veufs, célibataires, séparés, divorcés, consacrés, jeune ou moins jeune, beau ou très beau… Chacune, chacun, par notre état de vie nous participons à la vie sociale et relationnelle du monde et, parce que baptisés, à la vie de l’Eglise. Depuis le Concile Vatican II, la doctrine catholique reste fidèle à l’Evangile. Aussi le souci des intervenants, réunis à Rome, sera - nous n’en doutons pas - de prendre davantage en compte les situations familiales contemporaines dans toute leur complexité.

Il s’agit de veiller au bien-être de ceux qui, humainement parlant, vive parfois de véritables calvaires ; d’éclairer également les consciences. Ne réduisons pas la morale à un débat entre permis et défendu et n’opposons pas doctrine et pastorale. Jadis dans l’Eglise il était si facile de dire « Non ». Ce langage est aujourd’hui inadmissible. « L’Eglise, déclare le pape François, est un peu comme un hôpital de campagne » Et c’est bien l’un des enjeux du synode : trouver un langage et un accompagnement des situations familiales difficiles avec une miséricorde évangélique. Aussi sommes-nous ce matin en communion avec notre Frère Daniel-Marie parti rejoindre à Luxembourg une grande assemblée de croyants désireux de s’associer et de mettre en pratique les préceptes de la miséricorde divine telle que soeur Faustine Kowalska canonisée par saint pape Jean-Paul II en l’an 2000. Ce dernier souhaitant que « la lumière de la miséricorde divine illumine le chemin des hommes du IIIe millénaire. »

Les Pères de l’Eglise ont comparé la naissance de l’Eglise à la création de la femme formée d’un élément de la poitrine de l’homme proche de son cœur. L’union de l’homme et de la femme est un rappel de l’amour du Christ pour l’Eglise, son épouse. Saint Paul n’hésite pas à écrire dans la lettre aux Ephésiens (5,25) : «  Epoux, aimez vos épouses comme le Christ a aimé son Eglise et s’est livré à la mort pour elle ». Le signe sacramentaire du mariage passe, ne l’oublions pas, par le OUI librement échangé de deux êtres qui s’aiment pour le meilleur et pour … l’excellence. Quant à nous, religieux, notre vocation ne comporte pas ce signe sacramentel du mariage mais notre état ne s’explique que si nous avons répondu à un appel du Seigneur : nous avons renoncé à la fondation d’une famille, pour rappeler que Dieu appelle tous les croyants - au-delà de ce monde- à une grande communauté de charité. Notre vie consacrée est signe de cette disponibilité totale pour le Royaume des cieux mais elle ne sera pleinement réussie que dans la mesure où notre vie apparaît comme une louange, un acte d’amour et une grâce spéciale celle de l’Enfance.

« Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent ». Doit-on comprendre que Jésus prône le retour en enfance ? Ma foi, retourner en enfance cela nous arrivera peut-être mais conserver les qualités de cœur d’un enfant c’est tout autre chose : spontanéité, générosité, émerveillement, soif de connaissance, esprit d’aventure, éveil à la beauté… Il est vrai que depuis Adam et Eve nous « succulons » parfois dans notre recherche et notre pratique de la miséricorde. Bernard Shaw parlant du premier couple humain a déclaré : une pomme qui rencontre une poire et beaucoup de pépins. Ce que le Seigneur honnit par-dessus tout c’est la dureté du cœur, lui qui durant toute sa vie apostolique ne cesse de remettre les hommes et les femmes qu’il rencontre debout dans leur dignité première celles d’êtres aimés de Dieu son Père qui, par amour, nous a créés. Que ce soit la grâce de cette eucharistique. Croissons en charité et que la miséricorde ne soit pas un vain mot. Car il n’y a pas d’amour sans pardon ni de pardon sans amour. Amen.



Avec l’ Eglise soucieuse du bonheur de tous ses enfants présentons ce matin au Seigneur nos intentions les plus chères :

Pour le synode des évêques réunis à Rome autour du pape François invités à réfléchir, prier et statuer sur le thème « La vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et le monde contemporain » : prions pour que l’Eglise poursuive sa mission d’éveil des consciences à la lumière de l’Evangile et que chaque famille soit des cellules d’ouverture, de dialogue et d’apprentissage de la miséricorde, prions le Seigneur

 Pour ceux qui accompagnent les jeunes dans leur recherche de leur choix de vie :  qu’ils les aident dans la quête d’un amour durable,  et n’oublient jamais de cultiver en eux un esprit d’ouverture et de charité. Prions le Seigneur.

En union avec la grande famille franciscaine qui célèbre aujourd’hui leur fondateur saint François d’Assise, puissions conserver un cœur d’enfant émerveillé de toutes les belles choses de la terre désireux de les transmettre aux générations à venir dans un esprit d’équité et de respect mutuel ; prions le Seigneur.

En cette année de la vie consacrée, ce dimanche les communautés religieuses du monde entier sont invitées à ouvrir leurs portes et faire partager leur havre de paix. Suscite Seigneur de nouvelles vocations dans toutes ses maisons familiales qui elles aussi désirent grandir dans l’esprit d’amour de son Saint Evangile. Pour elles, prions.

  

Que Dieu, le Père, Amour tout puissant nous accorde les demandes que nous formulons en ce jour et qu’il nous apprenne à vivre la fidélité chaque jour de nos vies. Par Jésus Christ, ton Fils, notre Seigneur. Amen.