30ème dimanche année c : Prier c'est aussi Aimer !

Introduction à la célébration :

Dieu désire nous combler par l'abondance des fruits de son Esprit Saint : paix, joie, patience, humilité. Il nous donne aussi son Esprit de prière. Frères et Soeurs, tournez ver l'avenir tel un Peuple qui espère, laissons-nous aujourd'hui combler par le Père. Approchons-nous de Dieu par nos prières et par nos chants, par nos silences. Sous son regard bienveillant, notre désir de grandir en humanité n'en sera que plus vrai.

Homélie :

Dimanche dernier, rappelez-vous, nous avons essayé de donner une réponse à la question : qu'est-ce que la prière ? Prier c'est entrer dans une relation basée sur la confiance et qui nous introduit dans le mystère de l'Amour de Dieu.

Aujourd'hui, l' Evangile * nous parlent de deux hommes, deux attitudes, deux comportements devant Dieu et deux prières qui les révèlent.

Le pharisien, nous l'avons entendu, d'une certaine manière il n'a pas besoin de Dieu. Il ne parle que de lui-même, de ses mérites et lorsqu'il parle du pharisien c'est pour mieux se vanter. Un peu comme s'il mettait un masque pour cacher ce qu'il est. Il se donne une apparence ; il se construit un personnage car il sait - mais il est le seul à le croire - qu'il est important.

Le publicain, tout à l'opposé, ne parle presque pas mais il s'ouvre tel qu'il est, sachant que seul le pardon lui permettra d'avancer : « Prends pitié de moi » dit-il à Dieu, c'est-à-dire « aide-moi » !

Ces deux attitudes sont l'objet d'une parabole de Jésus.

Toute parabole est en soi un appel : par-delà l'histoire, il y a même une double interpellation. Celle de l'écoute : « Entends-tu ce que je veux te dire ? » et celle du discernement : « Comprends-tu ce que j'attends de toi ! »

Ici l'histoire semble dire qu'il y aurait un bon et un mauvais. Détrompons-nous. Le pharisien malgré son air ostentatoire vit ce qu'il pratique mais sa vertu l'enferme sur lui-même. Le publicain reconnaît ses limites et attend ce pardon bien nécessaire pour offrir son coeur.

Ce double comportement nous invite à nous poser cette question : suis-je heureux de découvrir que Dieu est présent dans ce pardon, cette réconciliation, cette plénitude d'amour ? Il nous arrive d'en douter tandis qu'est grande la tentation de se croire supérieur aux autres ! Sincèrement, le pire qui pourrait nous arriver c'est de nous prendre au sérieux. Dans ce cas, préparons-nous à des lendemains difficiles. L'ancien Père Abbé de Leffe, le Père François Martens, nous le rappelait encore bien : « Lorsqu'un religieux a choisi de devenir un saint, tous les autres peuvent se préparer à devenir des martyrs ! ».

La simplicité, voilà ce que le Seigneur apprécie et non les « moi, je » ou les « tu as vu l'autre » !

Ce dimanche, la parabole du pharisien et du publicain nous convie à un sérieux décentrage : nous ne sommes pas le centre de l'univers ! Trop d'hommes et de femmes, même au sein de l'Eglise, se prennent par le centre de l'univers. Le nombrilisme : voilà ce qui tue aujourd'hui la joie de vivre, le don de soi, le bénévolat, l'engagement libre et confiant à la suite de Jésus. Le pire, c'est de découvrir qu'aujourd'hui celles et ceux qui osent encore donner un peu de leur précieux temps, de leur disponibilité ou de leur coeur sont montrés du doigt, sont l'objet de risée ou de campagne insidieuse. Nous sommes à une époque où le soupçon et la méfiance pèsent sur tout ce qui est gratuit.

Voici peu, je bénissais une nouvelle maison. Quelques jours plus tard me venait à l'oreille, le mécontentement des personnes occupant ce logis : le curé n'a pas fait les choses correctement, la preuve, à la fin de l'office il n'a rien demandé. J'aurais presque dû demander cent euros pour les rassurer, les savoir satisfaits. La gratuité de mon ministère les à placer dans une situation inconfortable : non ce n'est pas possible aujourd'hui que notre maison n'est pas parfaitement « protégée ». Hélas tout doit se payer et surtout s'afficher à la radio, la télévision et les quotidiens.

Ce que le Seigneur attend de nous c'est tout autre proche. Il attend aujourd'hui que nous lui offrions notre coeur de chair. Se laisser aimer par Dieu sera alors la plus belle aventure. Notre vertu, loin de nous refermer sur nous-même, sera ouverture au monde. Cet amour nous engage toujours plus loin dans la joie et la réconciliation.

Toute sa vie, Jésus a donné aux femmes et les hommes leur dignité première : celle d'êtres aimés de Dieu. Faisons-nous aussi de même, tout simplement. Amen.

* la parabole du pharisien et du publicain