RÈGLEMENT DU JUBE DE L'ÉGLISE DE BOUVIGNES


Ce règlement, découvert dans les archives de la paroisse, n'est pas daté. Rédigé à l'encre sur un fort carton brun, l'écriture s'apparente à celle de Monsieur l'Abbé Joseph DUBOIS, curé à Bouvignes de 1908 à 1920. Chacun en appréciera et le ton, et la rigueur !


§ Art.1 : Nul ne peut monter au jubé à moins qu'il ne soit agréé comme chantre.

Pour être agréé, il faut en faire la demande à Monsieur le Curé, savoir le plain chant ou au moins être disposé à suivre les répétitions qui seraient données pour la bonne exécution des offices du dimanche. Ne pourront être admis ceux qui ne remplissent pas le devoir pascal. Un tableau des chantres agréés sera affiché à l'entrée de l'église.

§ Art. 2 : Le jubé faisant partie de l'église, les chantres s'y comporteront toujours comme dans la maison de Dieu faisant leur acte d'adoration en y arrivant, s'y maintenant dans le respect, l'ordre et la tranquillité, ne se permettant pas d'y rire, d'y jouer, ni d'y parler sinon à voix basse et pour de bonnes raisons, spécialement pour des choses nécessaires à l'exécution du chant ; évitant surtout les choses les plus graves, contraires à la décence du lieu saint.

§ Art. 3 : Il est défendu de dégrader et de salir les murs, les bancs et les meubles du jubé sous peine de réparation ou de compensation des dégats causés.

§ Art. 4 : Il est aussi défendu de s'appuyer sur la balustrade du jubé, de jeter la moindre chose dans l'église, de toucher les tuyaux et le clavier de l'orgue et de cracher ou de jeter des saletés sur le jubé.

§ Art. 5 : Les chantres se partageront en deux choeurs à peu près égaux. On s'appliquera à chanter simplement sans affectation, sans efforts, sans cris et on cherchera à bien articuler toutes les syllabes.

§ Art. 6 : Personne ne sera admis au jubé après que l'office sera commencé. La porte sera donc fermée à la grand'messe après le chant du Kyrie et aux vêpres après l'intonation du 2ème psaume.

§ Art. 7 : Il ne convient nullement de faire des accompagnements de seconde, de basse ou de fausset ni surtout d'accompagner le chant du prêtre.

§ Art. 8 : Les chantres agréés peuvent introduire au jubé un chantre étranger dans la paroisse pourvu qu'il observe le présent règlement. Les enfants n'y seront pas admis.

§ Art. 9 : Les membres de la fabrique peuvent aller au jubé, bien qu'ils ne chantent pas : le jubé est considéré pour eux comme le banc de l'oeuvre aussi bien que les stalles du choeur. S'il en est qui s'y trouvent, ils ont le droit de surveiller ce qui s'y passe et d'empêcher les désordres, mais ils ne peuvent prendre aucune mesure sans informer Monsieur le Curé, lequel ayant seul le droit de police, est premier responsable des abus qui se passeraient aussi bien au jubé que dans l'église.

§ Art. 10 : Le marguillier chantre et le bedeau sont chargés par le Curé de la surveillance du jubé, et dans les messes en musique, ceux qui les dirigent se joindront aux employés de l'église et veilleront à ce qu'il ne se produise aucun désordre ni aucune dégradation.

§ Art. 11 : Personne ne pourra jouer sur l'orgue entre les offices si ce n'est avec la permission de Monsieur le Curé.

§ Art. 12 : Il est sévèrement défendu de travailler dans l'orgue sous quelque prétexte que ce soit sans y être autorisé.